Le syndrome de Diogène ne se résume jamais à un problème de ménage. Il traduit une rupture progressive du lien entre une personne et son logement, souvent installée sur plusieurs années, parfois découverte à l'occasion d'une hospitalisation, d'un signalement de voisinage ou d'une visite de tuteur. Quand nous poussons la porte d'un appartement de la rue de Saint-Malo ou d'un pavillon de Maurepas, notre première tâche n'est pas de vider : c'est de comprendre ce qui doit être conservé.
Notre méthode rennaise repose sur un tri contradictoire. Rien ne part sans avoir été examiné : papiers d'identité, livrets de famille, correspondances, bijoux, espèces glissées entre des pages, photographies. Ces éléments sont mis de côté dans des boîtes numérotées et remis à la personne, à sa famille ou à son représentant légal, avec un inventaire écrit.
L'intervention se déroule ensuite en couches successives : dégagement des circulations et des issues de secours, évacuation des déchets, décontamination des surfaces, traitement des odeurs, puis remise en état des sols et des murs lorsque le support le permet.
Ce que le bâti rennais change concrètement
Une large part des situations que l'on nous confie se trouve dans le parc ancien du centre : immeubles en pierre du secteur Saint-Michel, Sainte-Anne ou Bourg-l'Évesque, escaliers en bois de 90 cm de large, paliers exigus, absence d'ascenseur au-delà du troisième étage. Un logement de 45 m² peut représenter huit à douze tonnes à descendre à la main, sac par sac.
Nous préparons donc chaque chantier par une visite technique : mesure de la cage d'escalier, repérage d'un point de dépose pour la benne, demande d'arrêté de stationnement auprès de la Ville lorsque la rue est étroite ou en zone piétonne, choix d'un créneau horaire qui évite les allers-retours à l'heure où l'immeuble est le plus fréquenté.
L'humidité océanique constante à Rennes accélère par ailleurs la dégradation des matières organiques stockées. Les papiers gonflent, les textiles moisissent, les odeurs se fixent dans les plâtres. C'est la raison pour laquelle nous couplons presque systématiquement le débarras à un traitement de l'air et des supports.